mercredi 14 janvier 2015

Lentement ,doucement , ...

Lentement, doucement, ...

Lentement, doucement, de peur qu’elle se brise,
Prendre une âme ; écouter ses plus secrets aveux,
En silence, comme on caresse des cheveux ;
Atteindre à la douceur fluide de la brise ;

Dans l’ombre, un soir d’orage, où la chair s’électrise,
Promener des doigts d’or sur le clavier nerveux ;
Baisser l’éclat des voix ; calmer l’ardeur des feux ;
Exalter la couleur rose à la couleur grise ;

Essayer des accords de mots mystérieux
Doux comme le baiser de la paupière aux yeux ;
Faire ondoyer des chairs d’or pâle dans les brumes ;

Et, dans l’âme que gonfle un immense soupir
Laisser, en s’en allant, comme le souvenir
D’un grand cygne de neige aux longues, longues plumes.

 Albert SAMAIN   (1858-1900)


1 commentaire:

  1. Tu es venue le feu s’est alors ranimé
    L’ombre a cédé le froid d’en bas s’est étoilé
    Et la terre s’est recouverte
    De ta chair claire et je me suis senti léger
    Tu es venue la solitude était vaincue
    J’avais un guide sur la terre je savais
    Me diriger je me savais démesuré
    J’avançais je gagnais de l’espace et du temps
    " .. J’allais vers toi.. j’allais sans fin vers la lumière
    La vie avait un corps.. l’espoir tendait sa voile
    Le sommeil ruisselait de rêves et la nuit
    Promettait à l’aurore des regards confiants
    Les rayons de tes bras entrouvraient le brouillard
    Ta bouche était mouillée des premières rosées..
    Le repos ébloui remplaçait la fatigue
    Et j’adorais l’amour comme à mes premiers jours.
    .........
    Paul Eluard

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